Mazarino Mazarini

Je me trouve avec des amis à l’extérieur d’un centre commercial qui est aussi mon lycée. Ce n’est pas en France - je crois que l’on est aux États-Unis. Ca va être l’heure de rentrer en classe, je suis mes amis ; une femme-policier me barre alors le passage et demande ma carte ; je la lui tends ; elle me dit alors : « Monsieur Powell, vous n'avez plus le droit de venir au lycée… regardez, vous avez eu 13 avertissements ! ». Ce nom de Powell me trouble - mais bien que j’aie conscience que je m’appelle Bouzou, il me semble en effet que Powell est un autre de mes noms. Je regarde ma carte, sur les treize cases, il y a bien, en effet, quelque chose de griffonné. Cela m’étonne quand même beaucoup ; je me sais dissipé et rebelle - mais 13 avertissements, je trouve ça un peu fort de café - je me dis qu'ils ont dû se tromper. Je proteste et tente de passer en force, en gueulant qu’on n’a pas le droit de me virer comme ça de l’école. Deux policiers viennent en renfort ; je m'enfuis...

Assis, près d’une petite maison, j’éprouve un profond sentiment d’injustice. Une copine vient me consoler. J’ai les nerfs et lui dis : « Ca va pas se passer comme ça ! » ; elle rigole et me demande quelles sont mes passions ; j’hésite un peu avant de lui répondre car jusqu’à maintenant, j’ai été très secret sur moi, vis à vis des autres lycéens ; je m’entends lui répondre que j’aime la musique et tout particulièrement le jazz ; elle semble très étonnée, agréablement surprise. Je lui demande où je peux trouver un téléphone ; elle me répond qu’il y en a partout et que c’est gratuit. J’arpente une allée du centre commercial et près de la petite échoppe d’un serrurier, je trouve un appareil ; je décroche ; il y a bien la tonalité mais quand je numérote, ça ne marche plus ; des enfants proches font un vacarme infernal – du coup, je m’en vais un peu plus loin, décroche un autre téléphone et j’ai encore là, le même problème ; je continue encore et encore ; tous les téléphones du centre commercial sont en dérangement. J’ai un gros sentiment de ras-le-bol...

Je suis sur une sorte de traîneau, mais sans chiens, avec la copine de tout à l’heure, sauf qu’à présent elle est noire ; pourtant je sens que c'est bien elle. Elle est devant, je suis derrière. Nous traversons un village. C’est plutôt marrant et agréable comme sensation. Nous rions comme des gosses. Dans une rue, un couple âgé – elle, les cheveux blancs et raides et lui, un peu plus jeune qu’elle - a décoré la route avec de la vaisselle ; ils nous voient arriver d’un mauvais oeil et nous sentons qu’ils nous en veulent ; je crois qu'en fait, ils ont peur pour leur vaisselle. Ils nous insultent, mais ça ne nous arrête pas ; Nous slalomons avec précaution entre les assiettes et nous nous arrêtons juste un peu après pour contempler la route. Le mari vient vers moi en courant ; il est très en colère mais j'arrive à le retourner complètement - à tel point que nous sympathisons ; il me raconte que la nuit dernière suite à une dispute avec leur fille - avec qui ils ne savent plus quoi faire - sa femme a perdu une grosse partie de ses cheveux ; à ce moment-là, sa femme apparaît, elle me regarde et arrache sans efforts de sa tête, des touffes de cheveux ; il me dit que depuis des années, elle est déprimée et que décorer les routes, est la seule chose qui lui donne du plaisir ; je lui dis que je trouve sincèrement que sa femme est une grande artiste...

Nous sommes assis, moi, ma copine et le vieux couple sur le bord d’un chemin blanc caillouteux qui borde une rivière ; sur l’autre rive, des écoliers se battent pour s’amuser. Un carrosse passe ; soudain, je me lève et crie sans comprendre : « Mazarino, Mazarini » ; les gens me regardent un peu interloqués puis se mettent aussi à crier la même chose ; je sens dans certains de leurs cris, de la ferveur, de la peur ou de la moquerie. Un des deux laquais accroché au carrosse, qui n’est autre que le comédien Michel Serraut, m’aperçoit et me salue bien bas avec son chapeau... comme si j'étais un prince…

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